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Bidonville | Radio-Canada.ca

UN PEU D'HISTOIRE

Le village de São Paulo de Piratininga a été fondé par 12 prêtres, en 1554, avec l’édification d’un collège servant à la conversion au catholicisme des autochtones de la région.

MÉGAPOLE BRÉSILIENNE

Située dans le sud-est du pays, São Paulo est aujourd’hui la plus grande ville et le plus important pôle de richesse du pays, où les sièges brésiliens des plus importants complexes industriels, commerciaux et financiers, contrôlent les activités économiques du pays. La région métropolitaine de São Paulo, qui réunit maintenant 39 municipalités en conurbation, comptait 2,4 millions d’habitants en 1950. Elle en compte près de 20 millions aujourd’hui. Cela fait de São Paulo la troisième plus grande zone urbaine du monde avec un territoire de 7 944 km².

EXODE RURAL

La croissance urbaine attire un raz-de-marée d’habitants des campagnes et malgré la récession des années 1980, la désindustrialisation et le désinvestissement de l’État, les gens continuent d’affluer vers la ville. Pourtant, la ville n’a plus grand-chose à offrir : le coût de la dette absorbe les ressources dédiées aux programmes sociaux et à l’aide au logement. 60 % de la population arrivée depuis les années 1980 est absorbée par les favelas.
Le mot favela est apparu au début du 20e siècle à Rio de Janeiro. À la fin de la Guerre de Canudos, des soldats s’installèrent sur une colline, nommée Morro da Favela en raison de la grande quantité de la plante favela qui y poussait. Favela devint un nom courant synonyme de quartiers pauvres à partir de 1909.

Les bidonvilles représentent 1,2 % de la population totale en 1973 et 19,8 % en 1993. Environ 2 millions de personnes vivent dans les bidonvilles aujourd’hui. La plus grosse favela, Heliopolis, existe depuis 30 ans et abrite 100 000 personnes.

Les favelas occupent illégalement des terrains souvent instables et insalubres, tels des dépotoirs, des terres inondables, des marécages, des pentes raides dans les collines ou encore, elles se trouvent tout près d’usines chimiques et de raffineries.

La moitié des favelas de São Paulo est située sur les rives des réservoirs d’eau de la ville, dans lesquels les squatteurs jettent directement leurs déchets. Malgré l’augmentation du chlore, les sources d’eau potable sont de plus en plus contaminées et créent des risques sanitaires.

Les habitants des bidonvilles redoutent les événements de prestige internationaux, car les autorités lancent des croisades pour éliminer, ou du moins camoufler, la « saleté » de la ville. Ainsi, depuis que le Brésil a obtenu l’organisation de la Coupe du monde de football en 2014 et celle des Jeux olympiques de 2016 à Rio, les pouvoirs publics utilisent des moyens militaires pour déloger les narcotrafiquants et autres « nuisances ».

Même s’il est plutôt déconseillé de se promener dans les favelas sans être bien accompagné, il demeure qu’une majorité des habitants n’ont aucun lien avec la criminalité. Beaucoup d’entre eux travaillent comme chauffeur de taxis, de bus, dans les transports touristiques ou comme femme de ménage. Pour plusieurs, les favelas sont la solution à la pénurie de logements abordables.

Au coeur de São Paulo

Découvrez les Favelas de São Paulo

De nos jours, une personne sur six vit dans un bidonville, squat ou autre habitat précaire. Les gouvernements tentent d’éradiquer ce «problème» en construisant des logements sociaux, mais la plupart des citoyens refusent de vivre dans ces lieux qui ne sont pas adaptés à leur réalité.

Bidonville: Architectures de la ville future est un voyage humain à travers les continents: à Mumbai dans le plus gros bidonville d’Asie; à Rabat sur d’anciennes terres agricoles; au New Jersey dans un tent city; à Marseille dans un quartier de caravanes; et à Kitcisakik dans une communauté amérindienne. Le cinéaste Jean-Nicolas Orhon nous plonge dans l’intimité de citoyens qui, par leur résilience et leur ingéniosité, ont su bâtir des habitations adaptées à leurs besoins, en s’inspirant souvent des traditions architecturales de leurs communautés d’origine.
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