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Bidonville | Radio-Canada.ca

QUELQUES CHIFFRES

Située dans l’État du Maharashtra, sur la côte occidentale de l’Inde, Mumbai compte plus de vingt millions d’habitants, ce qui en fait la cinquième agglomération la plus peuplée de la planète. La densité de la population y est extrême; on y dénombre 30 personnes, en moyenne, au mètre carré. Même si Mumbai est la ville la plus riche du pays, près de la moitié de la population vit dans les bidonvilles.

ORIGINES

Plusieurs raisons expliquent la naissance des bidonvilles en Inde. La fin de l’époque coloniale et l’indépendance nationale, ainsi que la guerre civile et ses violentes répressions dans les années 1950 et 1960, ont contribué à mener les gens de la campagne vers la ville. La population de Mumbai a presque doublé dans les années 1940 et 1950, notamment avec l’arrivée de réfugiés du Pakistan, mais aussi avec l’expansion de l’industrie textile.

PLUS GRAND BIDONVILLE D'ASIE

Le quartier de Dharavi, un zopadpattis (un bidonville), est situé au cœur de la ville. On estime sa population entre 600 000 et un million d’habitants. Jusqu’à la fin du 19e siècle, Dharavi était un village de pêcheurs situé à quelques kilomètres au nord de Bombay (anciennement Mumbai). Peu à peu, le centre-ville colonial s’est étendu jusqu’à engloutir le village côtier. De village à lieu de transition, Dharavi est devenu au fil du temps, un véritable quartier animé d’une vie et d’une identité propre.
Dharavi, ce n’est pas seulement ce cliché de l’extrême pauvreté, de la prostitution ou du gangstérisme. Sa population est composée de familles, d’étudiants, de travailleurs et de chômeurs. Certaines familles y ont acheté un logement et se sont installées près d’amis et voisins de leur ancien village, recréant ainsi une vie communautaire. On y trouve des écoles, des commerces, des ateliers, des mosquées et des églises. La violence n’y est pas plus présente que dans d’autres villes du pays et certains habitants du quartier deviennent prospères.

80 % du recyclage à Mumbai est effectué à Dharavi. Cette économie parallèle est utile à toute la ville puisque les ordures de la cité sont ramassées au jour le jour. Près de 6 000 habitants de Dharavi vivent du recyclage et transforment les déchets en salaires. On retrouve plusieurs ateliers un peu partout dans le bidonville. Malgré tout, le salaire demeure misérable : les ouvriers sont payés entre 1,50 $ et 2,90 $ par jour.

Situé près de la mer et au cœur de la ville, Dharavi a été mis aux enchères par la mairie en 2007. Comme les autorités désirent faire de Mumbai un exemple de la réussite économique indienne, le bidonville devra céder la place à divers immeubles commerciaux et tours d’habitations. Dans l’attente et l’incertitude, les habitants de Dharavi ne savent pas quand leur quartier et leurs maisons seront démolis.

Le film huit fois oscarisé Slumdog Millionaire, du réalisateur Danny Boyle, se passe à Mumbai, dont une grande partie dans le bidonville de Dharavi.

Au coeur de Mumbai

Le quotidien de Pramila

De nos jours, une personne sur six vit dans un bidonville, squat ou autre habitat précaire. Les gouvernements tentent d’éradiquer ce «problème» en construisant des logements sociaux, mais la plupart des citoyens refusent de vivre dans ces lieux qui ne sont pas adaptés à leur réalité.

Bidonville: Architectures de la ville future est un voyage humain à travers les continents: à Mumbai dans le plus gros bidonville d’Asie; à Rabat sur d’anciennes terres agricoles; au New Jersey dans un tent city; à Marseille dans un quartier de caravanes; et à Kitcisakik dans une communauté amérindienne. Le cinéaste Jean-Nicolas Orhon nous plonge dans l’intimité de citoyens qui, par leur résilience et leur ingéniosité, ont su bâtir des habitations adaptées à leurs besoins, en s’inspirant souvent des traditions architecturales de leurs communautés d’origine.
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