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Bidonville | Radio-Canada.ca

Situé à quelques kilomètres du centre-ville de Marseille, le quartier de Ruisseau-Mirabeau est principalement habité par des familles yéniches, manouches et gitanes.

UN PEU D'HISTOIRE

De 1940 à 1946, en France, plus de six mille enfants, hommes, femmes, personnes âgées, d’origine tsigane furent internés dans des camps. C’est ainsi que la Seconde Guerre mondiale contribua à la sédentarisation de nombreuses familles de voyageurs, dont celles du quartier Ruisseau-Mirabeau, qui se posèrent sur ce site il y a plus de soixante ans.

RÉSORPTION DU BIDONVILLE

Au cours des années 1950 et 1960, le nombre de familles augmenta considérablement. La suroccupation du quartier commença à poser des questions d’ordre sanitaire et social. Afin de résorber le bidonville, la ville de Marseille racheta le terrain en 1979 et y fit construire des petits pavillons. Conçues pour favoriser un mode de vie tsigane, ces habitations assez petites se trouvent au cœur de cours assez grandes pour y stationner des caravanes. Ces logements devaient permettre aux familles de trouver refuge durant l’hiver. Mais au fil du temps, elles finirent par ne plus reprendre la route au printemps et la population du site s’agrandit peu à peu.

Aujourd’hui, ces pavillons sont dans un état souvent pitoyable et certaines familles vivent toujours dans des caravanes, sans eau courante ni électricité.
Le quartier est cerné par des ordures, des bâtiments abandonnés, des façades et des friches industrielles. Un mur de béton l’encercle et empêche de voir tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, le tout renforçant l’impression d’un village isolé dans la ville.

Les pavillons, en mauvais état, présentent des problèmes d’humidité, d’infiltrations, de fuites d’eau. Il n’y a pas de lampadaire pour éclairer le quartier et les espaces extérieurs sont envahis par la ferraille.

7 % des gens en mesure de travailler ont un travail salarié à l’extérieur du quartier. Mais la plupart des foyers ont des revenus d’allocations, tels le RMI, les allocations familiales ou les allocations pour parents isolés. Les habitants complètent leurs revenus avec la vente de ferraille ou autres, comme la vente de nourriture préparée, l’organisation de tournois de pétanque, de combats de coqs, etc.

Le métier de la ferraille est une ressource économique importante pour les familles. Ils récupèrent des métaux afin de les revendre aux ferrailleurs qui offrent un équivalent des kilos proposés en euros, selon le cours actuel des métaux. Ce revenu d’appoint est compromis puisqu’une réglementation à venir exigera le retour des voitures et épaves dans leurs usines de fabrication.

Devant le contexte socio-économique qui se dégrade et la suroccupation des lieux, la ville a récemment enclenché la construction d’une douzaine de pavillons, en plus de rénover certains bâtiments.

Au-delà des difficultés, les habitants de Ruisseau-Mirabeau éprouvent un profond attachement pour leur quartier. Ils y utilisent un prénom de groupe lié à leur culture et qui se distingue de leur prénom administratif, utilisé pour les institutions françaises. Plusieurs personnes ont leur prénom, celui de leurs enfants ou de leur conjoint(te), tatoué sur la peau. Cette pratique, alliée au prénom de groupe, illustre les rapports étroits qui les unissent, ainsi que leur appartenance au lieu dans lequel ils se reconnaissent : Ruisseau-Mirabeau.

Au coeur du quartier Ruisseau-Mirabeau de Marseille

Le terrain de foot de Ruisseau-Mirabeau

Un dresseur de coq au combat

De nos jours, une personne sur six vit dans un bidonville, squat ou autre habitat précaire. Les gouvernements tentent d’éradiquer ce «problème» en construisant des logements sociaux, mais la plupart des citoyens refusent de vivre dans ces lieux qui ne sont pas adaptés à leur réalité.

Bidonville: Architectures de la ville future est un voyage humain à travers les continents: à Mumbai dans le plus gros bidonville d’Asie; à Rabat sur d’anciennes terres agricoles; au New Jersey dans un tent city; à Marseille dans un quartier de caravanes; et à Kitcisakik dans une communauté amérindienne. Le cinéaste Jean-Nicolas Orhon nous plonge dans l’intimité de citoyens qui, par leur résilience et leur ingéniosité, ont su bâtir des habitations adaptées à leurs besoins, en s’inspirant souvent des traditions architecturales de leurs communautés d’origine.
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