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Bidonville | Radio-Canada.ca

Kitcisakik signifie en algonquin « à la grande embouchure ». Le village doit son nom à un endroit situé où la rivière des Outaouais s’élargit de façon notable. L’existence d’une bande amérindienne qui s’y rencontrait l’été est attestée depuis 1838 dans les écrits de missionnaires qui l’appelaient « la bande du Grand Lac ».

STATUT LÉGAL

N’ayant jamais quitté la terre ancestrale, la communauté de Kitcisakik n’a pourtant pas de statut légal et ses membres sont aujourd’hui considérés comme des « squatteurs ». Dans les années 1980, pour éviter de céder des droits d’usufruit sur les terres qu’ils occupent, ils refusèrent de signer un accord menant à la création d’une réserve. Pour cette raison, le gouvernement fédéral leur accorde des montants nettement inférieurs à ce qu’il alloue aux réserves pour le logement, les routes et les édifices publics.

Dans le dernier siècle, la communauté a subi de grands développement sur ses terres des industries forestières, minières et touristiques, et ce, sans aide juridique ni institutionnelle pour faire valoir ses droits.
En 2010, l’école primaire de Kitcisakik fut inaugurée, permettant aux plus jeunes d’aller à l’école dans leur village, plutôt que de vivre la semaine dans des familles d’accueil à Val-d’Or. Désormais, 24 élèves vont à l’école primaire du village, mais 83 vont à l’école secondaire de Val-d’Or, en pensionnat dans des « foyers scolaires ». Ces élèves reviennent au village les week-ends et l’été.

À Kitcisakik, on trouve un bloc sanitaire, avec trois douches pour les hommes et trois douches pour les femmes au centre du village. Il n’y a pas de bain pour les enfants.

Bien que le village se trouve à proximité d’un barrage construit en 1949 (celui-ci régule le niveau d’eau de la rivière des Outaouais et n’a pas de turbine), aucune maison n’est pourvue d’électricité. Les familles utilisent des petites génératrices à essence, bruyantes, polluantes et coûteuses. Les services de la communauté, notamment le bloc sanitaire et l’école primaire, sont dispensés dans des immeubles rattachés à une génératrice qui produit l’électricité au moyen d’un moteur diésel. Le Conseil de bande a proposé à Hydro-Québec d’installer des micros turbines au pied du barrage, mais cette demande leur a été refusée.

Depuis une vingtaine d’années, la communauté a le projet de construire un village sur un site mieux adapté à ses besoins. Ce projet implique toutefois de reconsidérer le statut de la bande, en acceptant la mise en place d’une réserve.

En attendant la création du nouveau village, les habitants de Kitcisakik rénovent leurs habitations. En collaboration avec Les Architectes de l’Urgence du Canada (www.architectes-urgence.ca) et sous l’initiative de l’architecte Guillaume Lévesque, la population travaille à améliorer ses conditions de vie et la durabilité de ses maisons. Depuis 2009, ces chantiers ont permis de rénover une trentaine de maisons. Deux moulins à scie ont été installés et une corporation du logement local a été créée pour poursuivre les rénovations. La formation sur les chantiers, qui a pour but de développer les compétences des habitants et de favoriser un transfert de connaissances, permet à certains d’obtenir des cartes de compétence de la CCQ et de gagner leur vie hors du village.

Au coeur de Kitcisakik

Allez à la pêche au collet avec Roderick

De nos jours, une personne sur six vit dans un bidonville, squat ou autre habitat précaire. Les gouvernements tentent d’éradiquer ce «problème» en construisant des logements sociaux, mais la plupart des citoyens refusent de vivre dans ces lieux qui ne sont pas adaptés à leur réalité.

Bidonville: Architectures de la ville future est un voyage humain à travers les continents: à Mumbai dans le plus gros bidonville d’Asie; à Rabat sur d’anciennes terres agricoles; au New Jersey dans un tent city; à Marseille dans un quartier de caravanes; et à Kitcisakik dans une communauté amérindienne. Le cinéaste Jean-Nicolas Orhon nous plonge dans l’intimité de citoyens qui, par leur résilience et leur ingéniosité, ont su bâtir des habitations adaptées à leurs besoins, en s’inspirant souvent des traditions architecturales de leurs communautés d’origine.
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