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Bidonville | Radio-Canada.ca

UN PEU D'HISTOIRE

Autrefois appelée Byzance, puis Constantinople (de l’an 330 à 1930), Istanbul fut la capitale de l’Empire romain d’Orient, puis de l’Empire byzantin, jusqu’à la proclamation de la République en 1923.

MÉGAPOLE TURQUE

Plus grande ville du pays, elle compte environ 14 millions d’habitants. Elle est aussi l’une des plus grandes mégapoles du monde (villes de plus de 10 millions d’habitants) et se situe au croisement de l’Europe et de l’Asie.

L’apparition des bidonvilles stambouliotes débute dans les années 1950 avec l’exode rural (de 1950 à 1984), et se poursuit avec la forte industrialisation de la ville. Entre 1950 et 2000, la population d’Istanbul se multiplie par 10, et au cours de cette période, l’administration de la ville tolère l’installation des gens dans des habitats illégaux. Depuis les années 1980 et 1990, l’économie néolibérale et la gentrification de quartiers occupés par la nouvelle bourgeoisie participent à l’accroissement des bidonvilles en périphérie et à l’exclusion des classes plus pauvres.
On qualifie les bidonvilles de gecekondu, ce qui signifie « construit en une nuit ». Le mot serait apparu dans la presse stambouliote en 1947 et stipule que si quatre murs et un toit sont érigés pendant la nuit, il devient impossible de déloger ses habitants au petit matin. Déjà, en 1962 on dénombrait 78 000 gecekondu dans la ville. On en dénombrait plus de 400 000 en 1995.

Chaque année, en moyenne 164 000 étrangers (surtout de l’Europe et des Balkans), ainsi que des migrants des régions rurales de la Turquie, arriveraient à Istanbul pour y chercher travail et logement.

Depuis l’an 2000, les pouvoirs publics n’ont plus de tolérance envers les habitats illégaux. Toutefois, le gecekondu demeure une alternative face aux logements réservés aux classes moyennes et supérieures. À titre de comparaison, depuis 2003, cinq projets de luxe ont vu le jour, pour un projet pour les victimes du séisme et un projet social. Pour ce dernier, la ville a construit 55 338 logements vendus à crédit, mais 3,9 % des propriétaires ont rendu leurs logements au bout d’un an pour incapacité de paiements. À ce jour, Istanbul se retrouverait avec 700 000 habitations vacantes. Ainsi, le logement ne manque pas. Pour ceux qui en ont les moyens.

L’économie informelle emploie environ 30 % de la main-d'œuvre d’Istanbul et est composée de dizaines de milliers d’entreprises, souvent sous-traitantes d’entreprises légales qui emploient des vendeurs de rues, des travailleurs de la construction, mais aussi de la publicité et du tourisme. Au sein même d’entreprises établies, souvent, une bonne partie du personnel n’est pas déclarée.

Au coeur d'Istanbul

Entrevue avec le Professeur Yüksel

Découvrez la maison de Monsieur Sacvi

De nos jours, une personne sur six vit dans un bidonville, squat ou autre habitat précaire. Les gouvernements tentent d’éradiquer ce «problème» en construisant des logements sociaux, mais la plupart des citoyens refusent de vivre dans ces lieux qui ne sont pas adaptés à leur réalité.

Bidonville: Architectures de la ville future est un voyage humain à travers les continents: à Mumbai dans le plus gros bidonville d’Asie; à Rabat sur d’anciennes terres agricoles; au New Jersey dans un tent city; à Marseille dans un quartier de caravanes; et à Kitcisakik dans une communauté amérindienne. Le cinéaste Jean-Nicolas Orhon nous plonge dans l’intimité de citoyens qui, par leur résilience et leur ingéniosité, ont su bâtir des habitations adaptées à leurs besoins, en s’inspirant souvent des traditions architecturales de leurs communautés d’origine.
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