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Bidonville | Radio-Canada.ca

Capitale de l’État du Karnataka, Bangalore est située dans le sud de l’Inde. Construite autour d’un fort bâti en 1537, la ville abrita l’un des sièges de l’administration britannique de 1831 à 1881, date à laquelle elle fut rendue au Maharadja du Royaume de Mysore (État du Karnataka aujourd’hui). C’est la troisième ville en importance au pays, après New Delhi et Mumbai.

UN PEU D'HISTOIRE...

Comme partout en Inde, dans la foulée de l’industrialisation et la mécanisation de l’agriculture, Bangalore a absorbé les travailleurs de la campagne, dont certains fuyaient aussi la mentalité de la société rurale avec ses castes discriminantes. Mais la très forte croissance économique de la ville, offrant de nouvelles opportunités d’emplois depuis plus d’une quinzaine d’années, est principalement à l’origine de l’explosion urbaine de Bangalore. Cette explosion a participé à l’apparition des bidonvilles alors que l’offre en logements abordables n’a pas augmenté. Les bidonvilles bangalorais sont moins misérables que ceux de Mumbai, mais on y retrouve de graves problèmes de pauvreté et d’infrastructures, dont l’absence d’eau potable.

La population de Bangalore est passée de 6,5 millions en 2001 à 9,5 millions en 2011.
C’est souvent avec un Bangalorais que vous discutez lorsque vous appelez dans un centre d’appels. De nombreuses entreprises technologiques mondiales, poussées par un objectif de rentabilité, ont transféré leurs centres d’appels en Inde.

Bangalore est considérée comme la Silicon Valley indienne. 35 % de l’industrie informatique du pays y est concentrée et plus de 500 000 travailleurs de la ville œuvrent dans ce secteur. En 2007, on y compte plus de 800 multinationales étrangères et plus de 1 700 entreprises TIC (technologies de l’information et des communications), dont les Américaines Intel, Cisco, GE, IBM, Texas Instruments. Des géants comme Infosys et Wipro y emploient des dizaines de milliers de personnes. L’abondance des entreprises TIC a mené à un développement rapide et anarchique puisque des îlots urbains, avec électricité et eau pour les multinationales, côtoient des bidonvilles. Ainsi, à Bangalore, des piscines d’hôtels longent des quartiers privés d’eau.

Contrairement à ce que fait croire le marketing de l’État, Bangalore n’est pas la jumelle de la Silicon Valley. Malgré l’américanisation des travailleurs du secteur informatique, Bangalore demeure une ville à deux vitesses. Tout ce qui est « hors TIC » n’est pas une priorité pour les dirigeants et les inégalités sociales s’amplifient plus vite que dans d’autres grandes villes. Problèmes d’alphabétisation, système de santé défaillant, manque d’eau et d’électricité, saturation dans les transports et augmentation des bidonvilles représentent l’autre réalité de Bangalore. La ville est symptomatique des défis que l’Inde, puissance économique en devenir, devra affronter.

Au coeur de Bangalore

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De nos jours, une personne sur six vit dans un bidonville, squat ou autre habitat précaire. Les gouvernements tentent d’éradiquer ce «problème» en construisant des logements sociaux, mais la plupart des citoyens refusent de vivre dans ces lieux qui ne sont pas adaptés à leur réalité.

Bidonville: Architectures de la ville future est un voyage humain à travers les continents: à Mumbai dans le plus gros bidonville d’Asie; à Rabat sur d’anciennes terres agricoles; au New Jersey dans un tent city; à Marseille dans un quartier de caravanes; et à Kitcisakik dans une communauté amérindienne. Le cinéaste Jean-Nicolas Orhon nous plonge dans l’intimité de citoyens qui, par leur résilience et leur ingéniosité, ont su bâtir des habitations adaptées à leurs besoins, en s’inspirant souvent des traditions architecturales de leurs communautés d’origine.
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